Les mains couvertes par de nombreuses coupures et échardes, et le teint, à la fois pâle et souillé par la boue, le premier enfant que Zack avait aperçu était un jeune blondinet, tremblant et qui le fuyait du regard, visiblement terrifié.
Les mains couvertes par de nombreuses coupures et échardes, et le teint, à la fois pâle et souillé par la boue, le premier enfant que Zack avait aperçu était très jeune. C'était un petit blondinet, tremblant et dont le regard fuyait celui de Zack.
L'autre enfant, très jeune lui aussi, était différent. Il dégageait même, une toute autre impression, une sorte de maturité supplémentaire. La chevelure visiblement bien plus sombre que celle du blondinet et le regard aussi rude que pénétrant, il faisait preuve d'un sang froid tout a fait remarquable pour un petit qui ne devait pas avoir plus de huit ans. De plus, contrairement au petit blond, celui-ci dévisageait Zack avec une ardeur hors du commun.
C'était sûrement lui qui avait tenté de l'atteindre de son couteau d'os.
Comment... Comment est-ce possible ? Pensa-t-il en croisant le regard de ce dernier.
Les pauvres... je ne peux pas les blâmer. C'est l'instinct de survie qui les pousse à être si méfiants à mon égard.
Il s'empara du poignard d'un blanc ivoire puis le tendit au garçon avec un sourire bienveillant :
- Comment se fait-il que deux garçons comme vous soyez en une nuit si glaciale dans cette forêt ?
A ses mots, le petit blond fondit en larmes tandis que l'autre garçon reprit le couteau, continuant de toiser Zack de son regard dur et froid :
- Qu...Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ! Si vous êtes ici, c'est uniquement pour nous assassiner. Vous n'êtes qu'une bande de criminels sans scrupules
- Eh du calme petit ! Je ne vous veux aucun mal ! Mais je pourrais me sentir vexé... je fais si peur que ça ?
Continuant de sangloter, le petit blond prit à son tour la parole :
- Non... nous sommes désolés c'est que... Ils ont voulus nous tuer parce que... parce que nous sommes des monstres !
Surpris et à la fois embarrassé, Zack se mit à sa hauteur, tentant de lui apporter un peu de réconfort :
- Ne dis pas de bêtises, vous n'avez rien de monstrueux... Parole d'homme ! Comment vous appelez vous ?
- Je... Je m'appelle Ekhi, et lui c'est mon frère, Hérèbe.
- Moi c'est Zack, enchanté ! Dépêchons-nous de rejoindre le village, vous êtes sans doute affamés. Comment s'appellent vos parents ?
- Je ne tiens pas à parler de ça, trancha soudainement Hérèbe qui était visiblement sensible à ce sujet, notre père s'appelle Fenris et notre mère Naellyra. Voilà tout.
- Fe... Fenris as-tu dit ??? Zack recula d'un pas maladroit, marqua un temps de pause puis reprit de plus belle, C'est... impossible !
Stupéfait, il fut assaillit par de nombreux souvenirs. Des souvenirs de son père, lorsqu'il était encore vivant, lui racontant la légende de Fenris, l'Ange Noir.
Avant de devenir le démon qu'il était, les légendes le définissaient comme le plus brillant soldat de l'armée de Magiel. Il était vif, rapide, puissant et maniait le sabre comme personne. Il utilisait d'ailleurs Fenris, un sabre symbolique inspirant peur et désarroi dans les champs de batailles qui se transmettait de génération en génération chez les guerriers les plus reconnus de leur époque.
Mais en un terrible jour, l'Empereur Magiel l'envoya en personne chercher des informations classées secrètes au sein des Terres Maudites de Pandora où il y disparu des années durant.
Selon les légendes, il réapparut dix ans plus tard, complètement fou, et proclamant la mort de l'espèce humaine. Le corps littéralement transformé, il était bien plus grand, avait développé d'immenses ailes noires. Une partie de son visage était totalement brûlée et recouverte d'une moitié de masque métallique dont les formes rappelaient celles du crâne d'un loup. Seul son sabre Fenris ( Le Croc des Enfers ), était reconnaissable, c'est ainsi qu'on nomma ce guerrier par le nom démoniaque de son épée.
C'était une légende moderne dont son père avait eu vent au temps de la Guerre du Ciel Rouge qui était survenue dix ans auparavant. En attendant, ce petit affirmait que son père était Fenris ? LE Fenris de la légende ? C'en était à peine croyable.
Ekhi, pleura de plus belle sa mère qui s'était fait tuée par les assassins de son village.
- Nous... Nous avons essayés de nous enfuir du village avec notre mère puis je me suis évanoui. Qu...Quand je me suis réveillé, notre village n'était plus que ruines et nous avions été sans cesse pourchassés par les survivants de ce désastre ! Ça va faire maintenant plusieurs nuits que nous sommes ici, mais notre mère s'est sacrifiée... Elle leur a fait face pour nous !
Ne croyant, ni ce qu'ils avaient déclarés sur leur père, ni l'histoire de leur prétendue fuite, Zack acquiesçait avec un air compréhensif mais semblait néanmoins touché par la tristesse que dégageait le jeune Ekhi. Peut-être était-il devenu fou à force de devoir survivre ? Cette histoire avait surement été un moyen qu'il avait trouvé pour survivre moralement. Après tout, s'il y avait bien une chose qu'il avait compris dans tout cela, c'était que ces deux petits avaient vécus pendant des semaines une vie infernale, en proies aux attaques de terribles prédateurs tels que les meutes de loups, voir peut-être pire... Mais ces deux enfants, ou du moins Ekhi, avait l'air particulièrement terrifié à l'idée de retourner dans son village natal. Il rangea donc son carquois puis fit signe aux deux enfants de le suivre. Il constata avec une certaine inquiétude qu'Hérèbe avait gardé une main crispée, prêt à sortir à tout moment son couteau à lame d'ivoire.